TOTEM

Livre d’or
Signatures des participants
à la construction du totem, le temps de l’inauguration
cire (90x40X40 cm)

Depuis le mois de juin 1998, deux jeunes artistes français sont en résidence au Beursschouwburg.

A l’invitation des “Pépinières européennes pour jeunes artistes”, le Beurs participe, en effet, au projet pilote “Artistes contre l’exclusion” qui a pour but de fournir à de jeunes artistes volontaires, la possibilité de réaliser un projet artistique à dimension sociale.
Dans le prolongement des projets réalisés auparavant autour du square des Blindés il nous a semblé que le quartier de Chicago était le terrain rêvé pour mettre à l’oeuvre des jeunes qui n’ont pas froid-aux-yeux. David Antonio Loureiro (1973) et Stéphanie Marquet (1972) sont tous deux issus de l’Ecole des Beaux-Arts de Montpellier. Leurs oeuvres personnelles – essentiellement des moulages de parties du corps, branches et de puzzles – témoignent d’une grande sensibilité face à la matérialité.

La curiosité et un enthousiasme inépuisable ont mené le duo du quartier Chicago au centre de Réfugiés, mieux connu sous le nom de Petit-Château. Ils y travaillent avec un groupe d’adolescents sans parents. Sur le badge de laisser passer, qui leur donne droit d’entrer au Petit-Château, on peut lire : Totem Service Ado’s.

 

David décrit son travail de la manière suivante : “L’atelier au centre du ‘Petit-Château’ consiste en la réalisation d’un Totem, par des adolescents. Ces mineurs non accompagnés, au travers du modelage, s’expriment sur leurs envies, leurs revendications, leur goût, selon une situation et une culture qui leur est propre. Chaque module cylindrique est réalisé tout d’abord en terre, puis moulé en plâtre et enfin coulé en ciment coloré. »

 

Ainsi se met en place une dynamique de construction autour d’une forme commune, composée de 18 modules différents. « Le Totem comme témoignage de leur passage mais aussi comme ancrage de ce tissu social et culturel dans la capitale.”

Alors que d’autres “artistes contre l’exclusion” collaborent, à Berlin, à des magazines de rue édités par des jeunes SDF, dirigent, à Dublin, des ateliers pour toxicomanes et organisent, à Roubaix, des cours de percussion, le Totem bruxellois prend forme.

Vous pourrez aller l’admirer, mais attention, pour des raisons de sécurité, les possibilités de visite au Petit-Château seront limitées. Raison de plus de saisir l’occasion de découvrir l’oeuvre dans son contexte.

 

Journal du Beursschouwburg, octobre 1998

Création d’une sculpture totémique (6,50 mètres) avec les réfugiés politiques du petit château (le klein castel) à Bruxelles.